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Ex Nihilo #3 Dieu est inconscient

  • Photo du rédacteur: A. Piquion
    A. Piquion
  • 25 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Dieu est inconscient

Lacan fait de cette formulation la « vraie formule de l’athéisme ».

Après avoir porté la logique de la mort de Dieu vers son "depuis toujours" (Ex Nihilo #2), il fait de Dieu un signifiant, la matérialité que nous donnons à une qualité. L’humanité semble ne pas pouvoir s’en passer. Il est le nom d'un lieu dans la trame même de la parole.

« ...aussi longtemps que se dira quelque chose, l’hypothèse Dieu sera là »


La question se resserre.

Il ne s’agit plus de savoir ce qu’est Dieu (il est un signifiant), mais de quel lieu, de quelle qualité, Dieu serait-il le nom ? 


Le Nom Ineffable du dieu de Moïse, Hashem (Le Nom), est une autre expresịsion de cette question. Sa matérialité, inter-dite, est entourée d'une myriade de noms dont aucun ne peut être le sien. Ce nom ineffable est une matérialisation paradoxale d’un impossible à dire. Il est en ce sens une figure du Réel : un impossible à dire auquel nous donnons un nom pour pouvoir en parler. Mais ce nom n’est pas le sien. Car il n’en a aucun. Il est de l’ordre de ce qui, dans la parole, reste innommable, im-parlable. La parole ne peut pas se dire elle-même. Ce n’est jamais qu’autour de ce que nous ne pouvons pas dire que nous parlons.


Avec Lacan, Dieu redevient l'un de ces noms mais il n'est plus celui d'une instance suprême qui parlerait. Il devient le signifiant non de ce qui parle mais de ce qui fait parler, cet impossible dans le langage auquel est reconnu une puissance génératrice. Ce lieu est à présent dépourvu d'intention organisatrice. Un lieu psychique paradoxal, tant il échappe à nos possibilités de représentation.


Avec Dieu est inconscient, Lacan fait donc de Dieu un fait de structure. 

Pour tenter de le cerner de plus près encore, il fait apparaître un néologisme : le Dieure, condensation de Dieu et Dire. Le Dieure est le lieu où se produit le Dire. Corrélé au corps parlant, à sa jouissance, il est sûrement un descendant du Davar hébraïque, principe d’une énonciation, donnant lieu à un écart, père des créations et des naissances. Le Dieure est un nom de cet écart, trou dans la parole autour duquel elle se déploie. 

« Pour un rien, le Dire, ça fait Dieu »


1 commentaire


Bruno Lecat
Bruno Lecat
il y a 2 jours

Une coquille sur " expression".

Merci pour cet éclairage sur Dieure.

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