Les charmes de la catéchèse


L’analyste est seul. Il est seul avec son acte. C’est du reste la seule chose à entendre dans l’affirmation de Lacan selon laquelle l’analyste ne s’autorise que de lui-même. Cette phrase est devenue une forme de faible catéchisme légitimant les initiatives les plus hasardeuses. Que l’analyste ne s’autorise que de lui-même ne signifie rien d’autre que ceci : premièrement, il faut qu’il y ait déjà de l’analyste, qui se situe notamment du côté du désêtre. « Analyste, je le dé-suis ». Se donner l’autorisation se trouve au contraire tout entier du côté de l’être. Dans un deuxième temps, cela signifie qu'il est seul à pouvoir être auteur de son acte (author - authorize). C’est une responsabilité absolue. Désêtre et responsabilité. L’analyste se tient au lieu de ce paradoxe. Il est celui qui peut tenir cette place peu enviable. Son acte est du même coup un acte sans témoin. Ce qui veut dire aussi qu’il ne souffre ni ne permet aucune publicité. Car, des effets, il pourra sûrement parler. Mais il lui restera impossible de rendre compte de l’instant de son acte. il repose sur un savoir qui ne se confond avec aucune connaissance.


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