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En passant #5

  • Photo du rédacteur: A. Piquion
    A. Piquion
  • 10 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 déc. 2025


Erst tanzen, dann denken (Hegel).

D'abord danser, ensuite penser.


La psychanalyse n’est pas un exercice intellectuel. Elle est une pratique.

Et les praticiens savent qu’une pratique repose sur un engagement du corps.

Pratique signifie pour eux qu’il y a quelque chose à faire.


Avant d’en penser ce qu’il voudra, l’analysant a quelque chose à faire.

Il est bien évident qu’il sera amené à en penser quelque chose. Mais c’est le faire, et non le penser, qui aura des effets. Le penser deviendra lui-même l’un des effets du faire.

   

L’analysant a donc quelque chose à faire. Et ce qu’il a à faire, ce n’est pas penser. C’est parler. 

C’est là un sens de la règle fondamentale freudienne, celle de la libre association : parler de ce qui vous passe par la tête, sans censure de bienséance, de logique, de cohérence, d’esthétique, de moralité ni de politesse, entre autres paravents. Vous vous heurterez là bien sûr à des difficultés, transfert et résistance faisant. Les formations de l’inconscient envahiront tôt ou tard le matériel de vos séances (matériel, voilà un terme qui relève de la pratique). C’est bien par cette pratique, celle de la parole, que vous découvrirez que vous pensez parce que vous parlez, là où le discours courant nous enjoint aujourd’hui comme hier à parler ce que nous aurions bien pensé (ce qui se conçoit bien…tourner sa langue sept fois…).

A l’inverse de ces credo, la pratique analytique fait de la pensée un acteur de second plan du temps de la séance. Un statut inattendu de la pensée s’y dévoile : elle est une censure de la parole. C’est en effet l’acte de dire qui est rétabli dans sa primauté, sa priorité, autre façon de rappeler le primat du signifiant que Lacan prolonge depuis Freud. De cela nous ne voulons bien sûr rien savoir. Au dire (l'acte et ses dessous), nous préférons le dit (les significations que nous voulons maitriser)

« Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend » (Lacan).  


La pratique analytique sort le dire de cet oubli. Elle rend à l’acte d’énonciation sa prévalence, reléguant les énoncés en seconde zone. Les chaines signifiantes qui aliènent le sujet peuvent se laisser entendre, s’ouvrir, s’alléger, se réorienter (sens) au gré des enjeux de jouissance que seul l’acte de dire mobilise. Les significations et leur surveillance en restent secondes.

L’analysant peut découvrir alors qu’il est engagé sur la voie de sa propre parole, qui est souvent une parole à naître, non sans les risques qui accompagneront ces heureux avènements.

Devenir sujet de sa parole ne va pas sans perte.



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